Gestion des déchets : Le virage ambitieux de l’Algérie

Face aux mutations économiques et sociales et à la nécessité de moderniser un secteur longtemps négligé, l’Algérie entame une réforme en profondeur de la gestion des déchets. C’est ce qu’a annoncé Mme Fatma-Zohra Barça, directrice générale de l’Agence nationale des déchets, ce mercredi lors de son intervention à la Radio nationale.
À l’heure où seulement 10 % des déchets produits sont valorisés, la responsable a mis en lumière l’obsolescence du cadre législatif en vigueur depuis plus de deux décennies. Le nouveau projet de loi 25-02, adopté en février dernier, élargit notamment la responsabilité des producteurs de déchets, prévoit une stratégie nationale intégrée et met en place un système d’information moderne permettant de cartographier et suivre précisément les flux de déchets à l’échelle nationale.
« L’accent est mis sur la valorisation des matières recyclables comme le fer, le plastique et le verre. Mais alors que les deux premiers sont bien exploités, la filière verre reste embryonnaire avec seulement trois acteurs », a précisé Mme Barça. Elle appelle à y diriger davantage de jeunes porteurs de projets.
Autre constat : la majorité des déchets ménagers en Algérie sont organiques – à hauteur de 60 %. La stratégie actuelle prévoit de développer la filière du compostage. Plusieurs unités sont déjà opérationnelles ou en voie de l’être dans diverses wilayas.

Dans cette optique de modernisation, un système numérique national de suivi a été lancé. Il permet de contrôler les opérations de collecte, de transport et de traitement, tout en localisant les infrastructures concernées à l’échelle des quartiers, communes, daïras et wilayas. Ce dispositif offrira également des données utiles pour orienter les investissements vers les segments les moins exploités de la filière.
Mme Barça a également évoqué un plan spécifique mis en place à l’occasion de l’Aïd al-Adha pour la collecte des peaux de mouton. En partenariat avec le ministère de l’Industrie, des mécanismes dédiés ont été déployés pour récupérer ces déchets à haute valeur ajoutée dans des lieux aménagés, avant leur transfert vers les structures de valorisation. L’Agence nationale des déchets joue un rôle de soutien logistique et de sensibilisation des citoyens à travers les communes.
Enfin, la directrice est revenue sur les projets pilotes de tri sélectif lancés entre 2013 et 2015. Malgré certaines limites logistiques – notamment en matière de transport – ces expériences ont contribué à éveiller la conscience écologique des citoyens. La généralisation du tri sélectif figure désormais parmi les priorités du ministère.
Ch.G

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