Dépistage de la drogue en milieu scolaire : Un comité interministériel installé

Le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Sghir Saadaoui, et le ministre de la Santé, Mohamed Mohamed Seddik Aït Messaoudène, ont procédé hier à Alger à l’installation officielle du comité interministériel chargé d’élaborer la feuille de route pour l’application du décret encadrant le dépistage de la consommation de drogues et de psychotropes dans les établissements scolaires et de formation.
Composé de représentants d’une dizaine de départements ministériels ainsi que d’organismes de sécurité et de protection de l’enfance, ce comité constitue l’un des principaux outils mis en place par le gouvernement pour renforcer la prévention face à la montée des risques liés aux stupéfiants parmi les jeunes.
Selon Saadaoui, cette structure, issue des décisions du gouvernement du 5 novembre et des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, devra définir un dispositif opérationnel complet pour le dépistage, la prévention, la prise en charge et la coopération intersectorielle. L’objectif, rappelle le ministre, est de préserver « l’environnement scolaire » des dangers liés aux drogues et d’améliorer la coordination entre institutions.
Le cadre légal permet désormais d’intégrer, avec l’accord des parents ou du juge des mineurs, des analyses de dépistage dans les examens de santé périodiques. En cas de test positif, seuls des dispositifs thérapeutiques seront engagés, sans poursuites judiciaires, conformément au principe de protection des mineurs.
Le ministre de la Santé a souligné que ses services – médecins, psychologues et paramédicaux actifs dans les unités de dépistage – garantiront le suivi de la santé physique et mentale des élèves.
Les données internationales confirment l’urgence de ces mesures. Ainsi, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que 296 millions de personnes ont consommé une drogue au moins une fois en 2023, soit 23 % de plus qu’il y a dix ans. La tranche d’âge la plus touchée demeure les 15–24 ans, ce qui correspond pleinement aux populations scolaires et étudiantes.
Les psychotropes, notamment les médicaments détournés de leur usage médical, constituent aujourd’hui l’une des catégories les plus consommées par les adolescents, selon l’OMS. Dans plusieurs régions, les cas de dépendance précoce ont augmenté de 30 % en cinq ans, en raison de l’accessibilité accrue des substances.
Dans ce contexte, les autorités algériennes considèrent la mise en place d’un dépistage encadré et d’une prévention renforcée comme une réponse stratégique pour anticiper un phénomène mondial qui touche particulièrement les jeunes.
M. Salah

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