Ce que j’en pense : Et si l’Algérie faisait tomber Messi…
Par O.A Nadir
Il y a des hypothèses qui relèvent du football. Et puis il y a celles qui flirtent avec la poésie, voire avec une douce insolence. Imaginer l’équipe d’Algérie de football battre l’Argentine, c’est un peu comme inviter le réel à prendre un café avec le rêve – et lui demander l’addition.
Parce qu’en face, il y a Lionel Messi. Pas un joueur, non. Une habitude mondiale. Une routine du génie. Le genre de type qui transforme une pelouse en théâtre et les défenseurs en figurants consentants. Messi, c’est le silence avant le but, la logique après l’impossible. Et pourtant…
Et pourtant, le football n’a jamais aimé les certitudes. Il les tolère, il les caresse, puis il les gifle sans prévenir.
Alors on imagine. On ferme les yeux deux secondes – pas plus, sinon ça devient dangereux – et on voit un match qui dérape. Pas un accident. Une mutinerie. Les Fennecs qui ne viennent pas pour admirer, mais pour déranger. Pour bousculer le scénario, salir la belle histoire écrite d’avance.
On imagine un stade suspendu, des regards incrédules, et ce moment précis où quelque chose bascule. Un contre, une frappe, un but. Et soudain, Riyad Mahrez qui marche plus lentement. Non pas par fatigue. Par élégance. Parce que quand l’exploit s’invite, il faut lui laisser le temps de s’installer.
Ce soir-là, l’Algérie ne jouerait pas seulement un match. Elle jouerait contre l’ordre établi. Contre cette idée un peu paresseuse que certaines équipes sont faites pour gagner et d’autres pour raconter l’histoire des autres.
Ce soir-là, les Algériens ne seraient plus onze. Ils seraient des millions. Une foule compacte derrière un ballon capricieux, prête à transformer chaque passe en déclaration d’indépendance footballistique.
Et si, au bout, il y avait victoire ? Pas un miracle. Non. Un hold-up élégant. Un braquage sans violence, avec le sourire en coin et le respect dans la poignée de main. Messi applaudirait peut-être. Parce que les très grands savent reconnaître quand, pour une fois, le football décide de changer d’auteur.
Et nous, on ferait semblant d’être surpris. Alors qu’au fond, on attend ça depuis toujours : le moment où l’Algérie cesse de rêver le football… pour le réécrire.