Ce que j’en pense: Chronique d’un miracle oranais
Par O.A Nadir
Il paraît qu’Oran a enfin reçu ses nouveaux bus. Oui, vous avez bien lu : des bus qui ne semblent pas sortir tout droit d’un film post-apocalyptique. J’ai vérifié, on peut même y monter sans mettre son pied dans une flaque de tristesse.
Je vous jure, voir un bus propre à Oran, c’est un peu comme découvrir qu’on a de l’électricité à la maison après avoir vécu quinze ans à la bougie : on ne sait plus où regarder, on a peur de déranger, et on se demande si ce n’est pas un mirage.
Les anciens bus ? Ah, les bons vieux bus… ces antiques sculptures mobiles où chaque trajet ressemblait à un épisode de Koh-Lanta : « Survivre debout entre l’odeur de transpiration et le suspense du prochain accrochage au freinage brutal ». On s’y connaissait en acrobaties, on pouvait danser le twist sans musique, et certains pensaient même obtenir des abdos gratuits.
Aujourd’hui, on entre dans un bus neuf et… miracle ! Les sièges ne grincent pas, le moteur ne tousse pas, et on peut même imaginer lire un roman sans que la suspension ne décide pour nous du chapitre suivant. Oran découvre un concept révolutionnaire : le confort. Le mot semble simple, mais ici, il est aussi rare qu’un café sans sucre dans un bistrot parisien.
Alors oui, c’est un petit pas pour un bus, mais un grand pas pour l’ego collectif : enfin, on peut se plaindre du retard du bus plutôt que de la rouille sur les freins. Oran se modernise, et nous, on s’accroche à nos nouvelles places comme à un trésor volé.
Au fond, ce n’est pas un bus qu’on attendait. C’était juste un peu d’espoir… et un siège confortable pour profiter du voyage.