Khaled Boudaoui, écrivain, journaliste : « J’essaie d’écrire comme on avance dans une longue course »
Propos recueillis par Nadir O.A
Aujourd’hui, samedi 9 mai, à 14h00, le Théâtre régional d’Oran Abdelkader Alloula accueillera une rencontre-dédicace avec notre journaliste et écrivain, Khaled Boudaoui, autour de son ouvrage marquant « Laps du temps – 42 km 195m ».
Organisé avec le concours de l’Association « Athar Al Abirine » pour la culture et la littérature, cet événement se présente comme un véritable espace d’échange entre l’auteur et son public, dans une ambiance à la fois conviviale et introspective.
Publié en 2025 aux éditions « Nombre7 », ce livre de 136 pages s’inscrit dans un registre profondément humain. À travers le récit d’un marathon — référence directe à la mythique distance de 42,195 km — Khaled Boudaoui propose bien plus qu’un simple témoignage sportif. Son texte plonge le lecteur dans une réflexion intime sur la résilience, la maladie et la reconstruction de soi.
Le résumé de l’ouvrage évoque un homme confronté à ses propres limites, entre le tumulte du marathon de Paris et les épreuves d’un passé marqué par la maladie. À chaque pas, le narrateur revisite ses souvenirs, ses engagements et les promesses faites à ses proches. L’écriture, à la fois sobre et sensible, célèbre la force de vivre, l’amour et la capacité humaine à se relever face à l’adversité.
Né à Oran en 1980, Khaled Boudaoui n’est pas seulement écrivain. Journaliste et chercheur en patrimoine immatériel, il s’est longtemps intéressé aux traditions et aux valeurs culturelles algériennes. Un tournant majeur survient en 2012, lorsqu’un diagnostic médical bouleverse son existence. De cette épreuve naît une nouvelle trajectoire, faite de défis personnels — notamment les marathons — et d’une écriture engagée. « Laps du temps » apparaît ainsi comme le témoignage poignant d’une renaissance.Au-delà de la simple séance de dédicace, cette rencontre se veut un moment de partage autour d’un parcours de vie inspirant. Elle offrira aux lecteurs l’opportunité d’échanger directement avec l’auteur sur son expérience, ses motivations et le message qu’il souhaite transmettre à travers son œuvre.
Algérie Presse : Votre livre semble lier course d’endurance et épreuve personnelle. En quoi ce parcours influence-t-il votre manière d’écrire et de raconter ?
Khaled Boudaoui : La course d’endurance et l’épreuve personnelle sont devenues, au fil des années, indissociables dans mon parcours. Lorsque la maladie surgit dans une vie, elle transforme profondément le rapport au temps, au corps et au regard porté sur le monde.
*Le marathon m’a appris la patience, la résistance au doute, la capacité à continuer malgré la douleur.
Cette expérience influence directement mon écriture : j’essaie d’écrire comme on avance dans une longue course, avec des moments d’essoufflement, des silences, mais aussi une volonté constante d’aller jusqu’au bout.
Mon récit n’est pas construit comme une performance sportive, mais comme une traversée humaine.
Quel a été le déclencheur précis qui vous a poussé à transformer cette expérience en livre ?
Le déclencheur du livre a été un moment de bascule intérieure. J’ai compris que certaines expériences ne pouvaient pas rester enfermées dans le silence. L’écriture s’est imposée à moi comme une nécessité presque vitale : transformer l’épreuve en parole, donner une mémoire à ce combat et, surtout, transmettre quelque chose qui dépasse ma propre histoire. Le sport m’a aidé à tenir physiquement, mais l’écriture m’a permis de reconstruire intérieurement ce que la maladie fragilisait.
Quel message essentiel souhaitez-vous transmettre au lecteur à travers ce récit ?
À travers ce livre, je souhaite transmettre un message de résilience, mais aussi une réflexion sur la fragilité humaine. « Laps du temps » ne parle pas uniquement de course à pied ou de maladie ; il parle du rapport à la vie, de la peur, de l’espoir et de cette capacité que possède l’être humain à continuer à avancer même lorsque tout semble vaciller. Si ce récit peut aider une seule personne à retrouver un peu de force ou de lumière dans une période difficile, alors le livre aura trouvé son véritable sens.
