Un Algérien tué par des Syriens : 15 ans pour le principal accusé
Le tribunal criminel d’appel près la Cour d’Oran a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre d’un Algérien, impliquant onze prévenus, dont huit ressortissants kurdes syriens. Au cœur de ce drame : une transaction liée à l’émigration clandestine qui a viré au bain de sang.
Les faits remontent au 18 août 2018. Ce jour-là, les services de police sont alertés sur la présence d’un homme gisant dans son sang, rue Belmahi Mohamed, au quartier Akid Lotfi. Sur place, les enquêteurs découvrent le corps sans vie de H. Lotfi, présentant une plaie béante à l’abdomen. Non loin de la dépouille, un couteau de marque Opinel est saisi. L’enquête révèle rapidement qu’une violente rixe a éclaté entre deux bandes : l’une composée de ressortissants syriens et l’autre d’Algériens.
Les investigations s’accélèrent lorsqu’une seconde victime, D. Abdelhak, ami du défunt, est retrouvée grièvement blessée. Selon les éléments recueillis, les deux Algériens s’étaient rendus dans ce quartier de l’est oranais pour finaliser une opération d’émigration clandestine vers l’Espagne. Le transport devait être assuré par des ressortissants syriens à bord d’un véhicule de marque Picanto.
Le même jour, l’admission aux urgences de l’EHU d’Oran du dénommé D.M., un Syrien blessé aux mains, attire l’attention des policiers. Si ce dernier prétend d’abord s’être blessé en découpant de la viande, l’enquête locale démontre qu’il logeait avec plusieurs compatriotes dans un appartement du quartier des 90 logements, à Akid. Confronté aux preuves, D.M. finit par admettre sa présence lors de la rixe, décrivant une scène d’une extrême violence où s’affrontaient des individus armés de gourdins et d’armes blanches. Il désigne alors un certain « Abou Hamid », actuellement en fuite, comme l’auteur du coup de couteau mortel.
À l’issue des délibérations, le tribunal a condamné le principal accusé, D.M., à 15 ans de réclusion criminelle. Ses compatriotes se sont vus infliger des peines allant de cinq à dix ans de réclusion. Quant aux trois prévenus algériens, poursuivis pour non-assistance à personne en danger et non-dénonciation de crime, ils ont été acquittés.
Zemmouri. L