Accusé d’agressions sur mineur: Le directeur d’un collège condamné
Le tribunal criminel de première instance d’Oran a condamné à trois ans de prison ferme, le directeur d’un collège (CEM) de la wilaya, reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur un mineur de moins de 18 ans.
L’affaire a éclaté le 11 janvier 2026, lorsque le père d’un élève scolarisé en deuxième année moyenne dans cet établissement a déposé plainte, dénonçant les agissements du chef d’établissement sur son fils. Saisis du dossier, les services de police ont ouvert une enquête et auditionné la jeune victime en présence de son tuteur. Devant les enquêteurs, l’adolescent a raconté que les faits s’étaient déroulés à la suite d’une altercation avec une camarade de classe. Le directeur était alors intervenu pour l’isoler dans son bureau, où il a commencé à se livrer à des attouchements sexuels. Conscient de la gravité de la situation, l’élève a prétexté un cours imminent pour s’échapper. Loin d’en rester là, le directeur lui a ordonné de revenir le jour même à 13 heures, soit une demi-heure avant la reprise des cours. Face au refus de l’enfant, le prévenu l’a intercepté de force dans la cour de récréation pour le contraindre à le suivre à nouveau dans son bureau, tentant cette fois de l’embrasser avant que l’élève ne parvienne définitivement à s’enfuir.
L’instruction a également mis en lumière d’autres comportements suspects au sein de l’établissement. Une autre élève a apporté un témoignage accablant, affirmant que le directeur profitait de ses passages en classe pour lui caresser les cheveux et le dos, et qu’il l’avait un jour convoquée dans son bureau pour la faire asseoir sur ses genoux. Appelés à témoigner, deux enseignants ont confirmé avoir été informés par la victime directe. L’un d’eux a expliqué avoir remarqué le profond désarroi de l’élève juste après les faits ; après l’avoir mis en confiance, l’adolescent lui a confié son calvaire, et l’enseignant l’a immédiatement enjoint d’en parler à son père. Quant à la secrétaire du directeur, bien qu’absente le jour précis des faits, elle a corroboré l’habitude de son supérieur de convoquer régulièrement des élèves dans son bureau.
À la barre du tribunal criminel, le mis en cause a clamé son innocence, niant en bloc l’ensemble des accusations. Pour sa défense, il a soutenu que l’élève avait tout inventé par vengeance, après avoir été menacé d’une comparution devant le conseil de discipline à la suite de sa dispute avec sa camarade. Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le ministère public.
Zemmouri L.
