Des mesures draconiennes prises : Guerre contre les épizooties

Des mesures draconiennes ont été prises pour endiguer la propagation des épizooties en Algérie à l’image de la fièvre aphteuse et de la dermatose nodulaire contagieuse des bovins. La fièvre aphteuse est une maladie virale hautement contagieuse qui touche le bétail (les bovins, les ovins, les caprins…), et non transmissible à l’homme. La dermatose nodulaire contagieuse, quant à elle, est une maladie virale des bovins et des buffles, transmise par des insectes. Parmi ces mesures, figurent les fermetures temporaires de marchés à bestiaux.
Ainsi, de pareilles décisions ont été prises dans les wilayas d’Oran, Mascara, Tlemcen, Tipaza, M’sila et Tizi-Ouzou pour éviter la propagation de ces maladies et visent à protéger le cheptel et à limiter les risques d’épidémie à d’autres régions. En réponse à ces risques sanitaires, les autorités vétérinaires ont lancé une campagne de vaccination et imposé des mesures préventives, notamment la fermeture de marchés à bestiaux et l’interdiction de rassemblements d’animaux. Il est à signaler que la campagne de vaccination contre la fièvre aphteuse a atteint plus de 70 % du cheptel à l’échelle nationale, toutefois la vigilance reste essentielle pour éviter la propagation de cette maladie contagieuse.
Ces fermetures décidées par des arrêtés des walis, font suite à l’instruction n°1143 du 19 juin 2024, émise par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, relative à l’apparition d’un cluster de dermatose nodulaire contagieuse bovine. Il est également formellement interdit, de transporter le cheptel (bovin, ovin et caprin) et leur circulation à travers les wilayas, exception faite de leur acheminement vers l’abattoir le plus proche. Dans ce cas, le transporteur doit systématiquement détenir une autorisation dûment signée et délivrée par les services vétérinaires publics, sur la base d’une attestation vétérinaire de bonne santé de l’animal, et où il est expressément mentionné la date de validité de l’autorisation ainsi que le trajet préconisé pour acheminer le cheptel à l’abattoir.
L’autre mesure préventive porte sur l’interdiction faite aux éleveurs de regrouper leurs cheptels pour éviter l’éventuelle propagation de la dermatose nodulaire bovine. Les restrictions décidées à titre préventif resteront en vigueur jusqu’à la levée des mesures par des arrêtés des walis, et ce, dès que le danger de propagation de la maladie de dermatose nodulaire contagieuse bovine soit définitivement éloigné.
Outre les arrêtés signés par les walis, d’autres mesures préventives et de sensibilisation ont été prises contre la dermatose nodulaire contagieuse bovine. Des opérations de démoustication des bâtiments d’élevage sont menées et il a été procédé à la sensibilisation des éleveurs sur les symptômes de la maladie. En cas de suspicion, des prélèvements sur les sujets suspectés sont systématiquement effectués par les vétérinaires pour analyses, tout en mettant en place un protocole de prophylaxie sanitaire.
Conséquences économiques
Des mesures draconiennes ont été également prises pour endiguer la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse des bovins. Cette maladie virale ne se transmet pas à l’homme, mais elle peut causer des pertes d’animaux considérables et donc avoir d’importantes conséquences économiques. « La dermatose nodulaire contagieuse cause des lésions cutanées et entraîne une diminution de la production laitière, des avortements et des troubles de la fertilité. C’est une maladie vectorielle où le virus se propage dans la population d’insectes. Une large désinsectisation doit obligatoirement être effectuée et de manière continue et contrôlée », recommande le Docteur vétérinaire Bendiab. Ce dernier préconise aussi « l’application stricte des mesures d’interdiction de déplacements des animaux à partir des exploitations infectées, de l’isolement des animaux malades et de la désinfection des locaux et des outils ». « Les pertes économiques sont liées à la diminution de la production laitière, aux troubles de la fertilité, aux avortements et aux dommages causés aux cuirs », explique ce vétérinaire. « Des avortements peuvent également se produire. La maladie n’est que très rarement mortelle. L’agent infectieux, un virus du genre Capripoxvirus, est principalement transmis par des piqûres de mouches et de moustiques, mais peut également survenir par contact direct entre deux animaux », précise le Dr Bendiab.
Il souligne par ailleurs qu’« il n’y a pas de traitement autre que symptomatique, c’est-à-dire visant uniquement à soulager l’animal en traitant les symptômes et non leur cause biologique. Et de conseiller les éleveurs de « protéger autant que possible les bovins des mouches et des moustiques ». Et de conclure : « La vaccination est particulièrement efficace lorsqu’elle est appliquée avant que le virus ne s’introduise dans une région d’élevage. La dermatose nodulaire contagieuse est une épizootie hautement contagieuse et est donc soumise à déclaration obligatoire. Tous les éleveurs sont dès lors tenus d’annoncer les cas suspects au vétérinaire de l’exploitation ».
G. Salima
