Algérie 2- Jordanie 1: Que ce fut laborieux !

Au bout de l’effort, les Verts respirent enfin. Longtemps bousculée et parfois fébrile, l’équipe nationale a fini par arracher une victoire précieuse face à la Jordanie (2-1), portée par ses remplaçants et quelques fulgurances au moment où le match semblait lui échapper.

Le début de rencontre donne immédiatement le ton. Les Verts se projettent rapidement vers l’avant mais manquent de justesse dans le dernier geste. Mahrez se signale d’abord par une percée dans la surface stoppée par Abulaila (20e), avant que Chaïbi ne déclenche une frappe puissante contrée (21e). Dans la continuité, la Jordanie répond par Ali Olwan, bien contenu par Luca Zidane (22e). L’Algérie impose le rythme, mais sans parvenir à concrétiser sa domination.
Après la pause fraîcheur, la même dynamique se poursuit. Gouiri voit sa tentative captée (29e), puis Mahrez fait frissonner la défense jordanienne après une passe de Boudaoui, mais bute encore sur Abulaila (33e). L’efficacité manque, et la tension monte au fil des minutes.
La sanction intervient juste avant la pause. Une erreur de relance de Zerrouki dans l’axe ouvre la voie à la Jordanie, qui punit l’Algérie par une frappe enroulée de Nizar Al Rashdan (36e, 1-0). Une action qui résume une première période largement dominée mais mal maîtrisée dans les zones décisives.
Au retour des vestiaires, le coaching de Vladimir Petković change le visage du match. L’entrée de Nabil Bentaleb à la place de Zerrouki apporte davantage de stabilité et de justesse dans l’entrejeu. Dans un choix plus offensif, Nadhir Benbouali est lancé en pointe à la place de Hicham Boudaoui, entraînant une réorganisation du milieu avec Chaïbi qui redescend d’un cran.
Ce réajustement s’avère déterminant. Sur corner parfaitement tiré par Mahrez, Benbouali s’impose dans les airs et relance l’Algérie d’un coup de tête puissant (69e, 1-1), libérant une équipe jusque-là sous pression.
Le dénouement vient une nouvelle fois du banc. Sur une action initiée par Hadj Moussa, Mandi dévie dans la surface et Gouiri conclut dans la confusion (82e, 2-1). L’Algérie renverse le match dans le dernier quart d’heure et décroche une victoire précieuse avant le choc face à l’Autriche.
Au cœur de cette victoire, Ibrahim Maza a encore confirmé tout son potentiel. Inspiré, propre dans ses choix et constamment juste dans les phases offensives, le milieu algérien s’est imposé comme le véritable moteur technique de l’équipe, il a été logiquement désigné homme du match.Dans son sillage, Ramy Bensebaïni a livré une prestation de très haut niveau. Solide dans les duels, décisif dans ses interventions et précieux dans l’impact défensif, il a tenu la ligne arrière à lui seul dans plusieurs séquences critiques.Plus globalement, cette rencontre met aussi en lumière plusieurs ajustements nécessaires pour Petković. À droite, Rafik Belghali a traversé un match très compliqué, entre pertes de balle, hésitations et manque de maîtrise dans ses montées, laissant souvent l’équipe désorganisée dans son couloir.
Rayan Aït-Nouri a été fidèle à lui-même offensivement, mais trop souvent exposé défensivement, on comprend mieux pourquoi Pep Guardiola l’a souvent laissé sur le banc à Manchester City. À l’inverse, l’entrée de Jaouen Hadjam a immédiatement apporté plus de sérénité et une qualité de relance nettement meilleure en peu de temps, confirmant son aisance dans ce rôle.
Aïssa Mandi a rendu une copie correcte mais sans véritable assurance, laissant encore planer des doutes dans la gestion des moments chauds.
Au milieu, Ramiz Zerrouki reste au centre des interrogations. Hicham Boudaoui, également remplacé à la mi-temps, reste en deçà de son niveau habituel et peine à retrouver sa pleine influence.
Enfin, le secteur offensif continue de poser la question de l’efficacité. Malgré des situations nettes et une domination par séquences, l’Algérie a manqué de réalisme devant le but, un point qui devra être corrigé pour éviter de revivre des phases aussi tendues face à l’Autriche.
Au total, si les choix correctifs de Petković ont fini par payer, cette rencontre met surtout en évidence un équilibre encore fragile, entre individualités fortes et ajustements collectifs toujours en cours. Les Verts gagnent, mais rien n’est réglé.
Djamel Hamdan

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