Prise en charge des grands brûlés : Ou comment désengorger Oran

Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a annoncé dimanche l’intégration progressive de services spécialisés pour brûlés dans les hôpitaux du pays. Cette mesure vise à garantir une prise en charge adaptée et spécifique, en donnant la priorité aux établissements situés dans les chefs-lieux de wilayas.
Le ministre a précisé que cette orientation se traduira par la création de services dédiés ou d’unités spécialisées, afin d’assurer un suivi médical optimal des patients victimes de brûlures. Il a souligné que l’objectif est de renforcer l’équité d’accès aux soins et d’améliorer la qualité des prestations dans toutes les régions du pays.
Aujourd’hui, l’Algérie ne dispose que d’un hôpital entièrement dédié aux grands brûlés, situé à Oran, qui constitue un centre de référence pour l’Ouest et le Sud-Ouest. Cet établissement a pris en charge plus d’un millier de cas en une année, illustrant la forte demande. Dans les autres régions, les patients sont orientés vers des services intégrés dans les CHU d’Alger, Constantine ou Annaba, mais ces unités restent limitées en capacité et en moyens.
Cette concentration géographique crée des inégalités d’accès aux soins, notamment pour les populations du Sud et des Hauts Plateaux. Les brûlures graves nécessitent des soins intensifs, une surveillance continue et des interventions chirurgicales complexes, ce qui exerce une pression considérable sur les équipes médicales. Le manque de lits spécialisés et de personnel formé accentue les difficultés.
Le ministre a reconnu ces défis lors de sa visite à Skikda, où le projet de construction d’un nouvel hôpital des grands brûlés à Bouzaâroura (commune de Filfila) est en attente de concrétisation. Il a assuré que les autorités locales suivent de près ce chantier afin de lever les obstacles qui entravent sa réalisation.
À terme, l’intégration progressive de services spécialisés dans les hôpitaux de wilayas, combinée à la construction de nouveaux centres dédiés, devrait permettre de désengorger Oran, d’assurer une meilleure couverture nationale et de répondre aux normes internationales en matière de prise en charge des brûlés.
T. Feriel
