Condamnés en première instance à dix ans de prison ferme : Des spéculateurs sur le café devant le tribunal d’appel
Le tribunal criminel d’appel a jugé lundi dernier une affaire de spéculation sur le café impliquant deux personnes condamnées en première instance à dix ans de prison et une amende d’un million de dinars, avec saisie de la marchandise. Le procureur a requis une aggravation de leur peine.
Les faits remontent au 25 novembre 2024, lorsqu’une information a été transmise aux services de sécurité concernant une personne stockant une importante quantité de café vert dans un hangar. Au même moment, une pénurie de café avait survenu et les rares commerçants qui en avaient encore, le vendaient à des prix prohibitifs.
Une enquête a été ouverte et le hangar en question a été localisé. Une perquisition a permis de découvrir 910 quintaux de café moulu dont l’origine n’a pas été déterminée. De plus, 110 kg de café en grains ont également été saisis. Deux personnes qui se trouvaient sur place ont été interpellées.
Le principal mis en cause a expliqué qu’il exerçait le métier de torréfacteur de café et en assurait la vente depuis 2011. Il a précisé qu’en raison de la récente pénurie de café, il avait réduit ses activités commerciales avant de les interrompre complètement. Selon ses déclarations, la personne qui se trouvait avec lui était son client, lui-même distributeur de café venu moudre une quantité. Il a également ajouté qu’il avait loué son hangar, sans contrat, pour la somme de 25.000 dinars.
Le second suspect a confirmé ces faits, expliquant qu’il achetait le café vert chez un fournisseur à Boumerdès, le ramenait à Oran pour le torréfier, puis le moulait et le conditionnait en sachets de 5 kg. Il a ajouté qu’il mélangeait le café avec une autre substance avant de le vendre à des propriétaires de cafétérias à Oran. Il a reconnu qu’il exerçait son activité de manière clandestine, sans aucune documentation officielle.
Lors du procès en appel, la défense a plaidé les circonstances atténuantes.
Le verdict a été mis en délibéré.
Zemmouri L.