L’Algérie sort de la zone grise du GAFI : Le CREA salue un « signal positif »

Le retrait de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) constitue une étape importante pour le pays et un « signal positif » pour l’économie nationale, a affirmé le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, dans une déclaration à l’APS.

Cette sortie vient clore un cycle de surveillance entamé en octobre 2024. Le GAFI avait classé l’Algérie sur cette liste à l’issue de sa réunion plénière du 25 octobre 2024 tenue à Paris, après avoir constaté que son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux nécessitait une mise à niveau. Cette inscription, fondée sur des critères techniques bien définis, sanctionnait des lacunes constatées dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme — sans constituer pour autant une mesure punitive, bien qu’elle implique des contrôles renforcés sur les transactions financières entre l’Algérie et l’étranger.
Le 21 février 2025, l’Algérie figurait parmi les juridictions soumises à cette surveillance renforcée, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud, de l’Angola, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Liban, du Nigeria, de la République démocratique du Congo, de la Tanzanie, du Vietnam ou encore du Venezuela. Quelques mois plus tard, le 10 juin 2025, la Commission européenne s’était alignée sur cette évaluation en intégrant à son tour l’Algérie à sa propre liste des pays présentant un risque élevé en matière de lutte contre le blanchiment.
Pour répondre aux exigences de l’organisme, les autorités algériennes ont engagé un train de mesures concrètes. Le pays a interdit le paiement en espèces pour les transactions immobilières et l’acquisition de véhicules neufs, tout en durcissant les contrôles sur les versements de sommes en liquide sur les comptes bancaires, dans le cadre d’un ensemble de décrets et de procédures adoptés depuis l’inscription sur la liste.

Deux ans de réformes

La Banque d’Algérie a par ailleurs adopté les règlements n° 24-03 et n° 25-14, imposant aux banques et établissements financiers des règles renforcées de connaissance du client (KYC), de vigilance permanente et de surveillance des transactions, tandis que les autorités ont accéléré la mise en œuvre du Registre national des bénéficiaires effectifs.
Le calendrier de sortie avait été anticipé par les autorités elles-mêmes : en février 2026, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, avait indiqué devant l’Assemblée populaire nationale que tous les efforts engagés depuis 2024 avaient permis de lever l’ensemble des réserves, laissant entrevoir une sortie de liste dès le premier trimestre 2026, probablement en mars.
Le processus s’est ensuite déroulé en plusieurs étapes décisives. Le 13 février 2026, à l’issue de la plénière du GAFI tenue à Mexico, l’organisme avait établi une « détermination initiale » selon laquelle l’Algérie avait « substantiellement complété » son plan d’action, la rendant éligible à une évaluation sur site — une procédure identique à celle qui avait précédé le retrait de l’Afrique du Sud de la liste grise en octobre 2025. Cette visite d’évaluation a été menée sur place par des experts du GAFI à Alger en avril dernier, afin de vérifier l’application concrète des réformes engagées.
Réunis en session plénière au siège parisien de l’OCDE, les membres du GAFI ont voté à l’unanimité, vendredi 19 juin 2026, le retrait définitif de l’Algérie de la liste grise. Une décision qui couronne deux ans de réformes du système financier national, qualifiées de « remarquables » par les délégations internationales, et qui a mis en avant la démonstration concrète de la volonté politique algérienne, l’efficacité de ses réformes et son attachement au respect des standards internationaux les plus exigeants en matière d’intégrité financière et de transparence économique.

A l’unanimité

Le président du CREA a souligné que cette décision vient consacrer les efforts engagés pour renforcer la transparence financière, améliorer la gouvernance et rapprocher le système financier national des standards internationaux. Pour l’organisation patronale, qui représente les entreprises publiques et privées algériennes, cette avancée constitue un facteur de confiance supplémentaire pour les opérateurs économiques nationaux comme pour les partenaires internationaux — un constat partagé par d’autres voix du monde économique : l’économiste Brahim Guendouzi, professeur à l’université de Tizi-Ouzou, a ainsi qualifié le plan d’action de sortie de « signal fort en matière de stabilité et de transparence dans le système financier et de paiements ».
Selon M. Moula, cette décision contribuera à renforcer l’attractivité de l’Algérie, à faciliter les échanges économiques et à créer un environnement plus favorable à l’investissement. D’autres analyses convergent sur ce point : pour sortir de la liste, le système bancaire algérien a dû changer sa façon de travailler, les banques ne traitant désormais plus tous les dossiers avec la même méfiance systématique. En rendant les banques officielles plus transparentes, plus traçables et plus connectées au monde, l’Algérie crée un environnement de confiance qui pourrait, à terme, inciter une partie des capitaux parallèles à réintégrer le circuit légal — même si, souligne cette même analyse, le renforcement des contrôles devra s’accompagner d’un équilibre subtil afin de ne pas freiner la formalisation des acteurs économiques encore réticents.
M. Moula a estimé que cette étape encourage l’ensemble des acteurs économiques à poursuivre leurs efforts pour accompagner la transformation de l’économie et consolider une croissance durable, fondée sur la confiance, la compétitivité et la création de valeur. Le CREA réaffirme, par la voix de son président, son engagement à contribuer, aux côtés des pouvoirs publics et de toutes les forces économiques nationales, à la construction d’une économie plus forte, plus ouverte et davantage intégrée dans son environnement international.
G. Salima

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