Tombé dans un puits artésien : Ayoub retrouvé mort

Les services de la Protection civile de la wilaya d’El Bayadh ont récupéré, samedi soir, le corps sans vie du petit Ayoub qui était tombé dans un puits artésien asséché de 80 mètres de profondeur au lieu-dit R’kane, dans la commune de Ghassoul, daïra de Brézina.

L’enfant a été inhumé hier après‑midi au cimetière communal. La cérémonie funéraire s’est déroulée en présence des autorités civiles et militaires, ainsi que de la famille du défunt, ses proches et une foule nombreuse de citoyens venus partager la douleur des parents.
L’accident s’est produit mercredi 2 septembre vers midi. Ayoub, 10 ans, serait tombé après avoir marché sur une plaque de contreplaqué recouvrant l’ouverture d’un puits d’environ 40 centimètres de diamètre seulement, creusé selon des méthodes traditionnelles et remblayé de terre jusqu’à 30 mètres de profondeur, sans aucun tubage de protection. Samedi, le directeur général de la Protection civile, le colonel Boualem Boughlaf, s’est rendu sur place pour superviser en personne une opération de sauvetage devenue l’une des plus longues et des plus suivies de ces dernières années en Algérie. Selon un communiqué des services de la Protection civile, le colonel Boughlaf a fait le point sur l’avancement des travaux entrepris pour atteindre l’endroit où se trouve l’enfant, s’informant de chacune des étapes de l’intervention et inspectant les moyens humains et matériels déployés ainsi que les conditions dans lesquelles agissent les équipes de secours, les experts et les techniciens spécialisés mobilisés sur le site.
Le forage s’est poursuivit à l’aide de divers engins mécaniques, complété par un travail manuel mobilisant l’ensemble des moyens humains et matériels disponibles, avec le recours aux techniques appropriées définies par les experts et techniciens, en raison de la difficulté de la situation et de la nature du terrain, jusqu’à atteindre le point où se trouve l’enfant et procéder à son extraction, précise la même source.
Les secouristes avaient dû renoncer à une descente directe, jugée trop dangereuse compte tenu de l’étroitesse du conduit et du risque d’effondrement, pour privilégier le creusement d’un puits parallèle et d’une galerie horizontale permettant d’accéder latéralement à la victime. Vendredi, la progression des travaux a par ailleurs été freinée par la nature rocheuse du sous-sol, avant que les équipes n’atteignent, samedi, une profondeur de forage d’une quinzaine de mètres.
Ce drame, ainsi que d’autres similaires, mettent en lumière les caractéristiques communes de ce type d’ouvrage, qui prolifèrent dans les zones rurales et steppiques du pays. Il s’agit le plus souvent de puits artésiens creusés de façon artisanale par des particuliers ou des exploitants agricoles à la recherche de nappes phréatiques, sans étude géotechnique préalable ni respect des normes de construction. Leur diamètre réduit, généralement compris entre 30 et 50 centimètres, les rend impraticables pour une intervention humaine directe, tandis que l’absence de tubage ou de cuvelage fragilise les parois et expose les sauveteurs à un risque permanent d’effondrement. Nombre de ces forages, devenus secs après épuisement de la ressource ou abandonnés en cours de réalisation, ne sont ni rebouchés ni signalés, et se retrouvent recouverts de simples planches, plaques de tôle ou de contreplaqué qui cèdent facilement sous le poids d’un enfant ou d’un animal.
La loi algérienne relative à l’eau du 4 août 2005 encadre pourtant la réalisation des puits et forages, notamment à l’intérieur des périmètres de protection, mais aucun dispositif contraignant ne semble aujourd’hui imposer le comblement systématique des ouvrages abandonnés, laissant ainsi persister ce risque dans de nombreuses régions rurales du pays.
T. Feriel

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