Kouchet El-Djir : Cinq ans pour CBV ayant entrainé un handicap permanent
Le tribunal criminel d’Oran a condamné B. Mohamed Amine à cinq ans de prison ferme pour coups et blessures volontaires ayant entraîné un handicap à vie.
Le crime s’est déroulé dans le bidonville de Kouchet El Djir le 16 mars 2023 lorsque L.A. a déposé une plainte pour agression contre B. Mohamed Amine et son frère. Selon les déclarations de la victime, les deux frères l’avaient violemment agressé avec une arme blanche, le blessant à plusieurs endroits du corps. Il a fallu l’intervention des voisins pour sauver la victime qui a été immédiatement transférée aux urgences du CHU d’Oran où elle été admise aux soins intensifs dans un état critique. L.A. a ensuite obtenu un certificat d’incapacité de travail de 16 jours.
Interpellé et confronté au plaignant, B. Mohamed Amine a reconnu être l’auteur de l’agression mais nié avoir utilisé une arme blanche. Il dira que 24 heures avant de recourir à la violence, une dispute verbale l’avait déjà opposé à L.A parce que celui-ci revendait des psychotropes dans le quartier. Il affirmera lui avoir demandé de quitter les lieux et de ne plus s’adonner à ce trafic. Mais le lendemain, l’ayant une nouvelle fois trouvé dans le voisinage en train de dealer, il s’en est pris à lui physiquement. Mais sans arme blanche, insistera-t-il. Concernant la participation présumée de son frère, le suspect affirmera qu’il avait juste tenté de les séparer et de mettre fin à l’affrontement.
Par la suite, la victime reviendra sur une partie de ses déclarations en admettant que le frère n’avait pas pris à l’agression. Mais elle maintiendra l’usage de l’arme blanche par Mohamed Amine qui l’avait, ajoutera-t-elle, frappé dans le dos et dans d’autres endroits du corps.
Pendant l’instruction, le prévenu admettra avoir utilisé un couteau pour frapper L.A. D’ailleurs, le certificat médicolégal a établi que la victime présentait une incapacité totale de 45 jours et une incapacité partielle de 35%, ainsi qu’un handicap permanent au pied gauche en raison d’une grave blessure occasionnée par un instrument tranchant.
Lors du procès, les deux parties maintiendront leurs déclarations, l’accusé poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné un handicap à vie, assurant avoir agi ainsi pour mettre fin aux activités criminelles de L.A.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public, qui a souligné la gravité de l’acte et ses conséquences permanentes, a requis vingt ans de réclusion criminelle contre le prévenu. La défense, de son côté, a plaidé les circonstances atténuantes, en expliquant que le mobile de son mandant était d’empêcher la victime de continuer à semer les produits stupéfiants dans son quartier.
Zemmouri L.
