dispute familiale tourne au drame : Sept ans de réclusion pour fratricide

Le tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran a rendu son verdict dans l’affaire du drame familial qui a secoué la localité d’El Mohgoun. Poursuivi initialement pour homicide volontaire, R.B., a finalement été condamné à sept ans de réclusion criminelle, après requalification des faits en homicide involontaire. Une sentence qui vient clore — du moins sur le plan judiciaire — une tragédie absolue pour une mère qui perd, le même jour, ses deux fils : l’un gisant au cimetière, l’autre derrière les barreaux.
Les faits remontent au 6 janvier 2025. Ce jour-là, une énième dispute éclate au domicile familial. La victime, R.H., connue pour sa violence chronique liée à une lourde dépendance aux psychotropes, s’en prend violemment à sa mère, réitérant un scénario devenu tristement habituel. Présent sur les lieux, R.B. décide de s’interposer pour protéger sa mère. Hors de lui, son frère se saisit alors d’un couteau de cuisine et menace de poignarder sa génitrice.
L’accusé tente de désarmer son frère. S’ensuit alors une lutte brutale au cours de laquelle le couteau change de main. Un seul coup est porté. Touché au cœur, R.H., s’effondre. Transféré en urgence vers l’hôpital d’El Mohgoun, il succombera à ses blessures peu après. Paniqué, l’auteur du coup fatal prend la fuite avant d’être interpellé par les services de sécurité non loin du domicile. Dès ses premières auditions, il passe aux aveux : « Je n’ai pas tué mon frère de sang-froid, je voulais seulement protéger notre mère », soutiendra-t-il.
Appelée à la barre, la mère, brisée, a livré un témoignage poignant, endossant une culpabilité déchirante : « C’est de ma faute si l’un de mes fils est mort et l’autre en prison. J’aurais tant voulu recevoir ce coup de couteau à leur place. Certes, la victime versait dans le trafic et la consommation de drogue, mais il restait mon fils ». Elle a également rappelé, en larmes, que l’accusé venait d’être admis au concours de la Protection civile : « Son avenir est détruit par ma faute ». Des propos corroborés par un cousin maternel, venu confirmer le calvaire que faisait vivre la victime à sa famille.
À la barre, l’accusé n’a pas dévié de sa ligne, pliant sous le poids du remords : « Votre Honneur, je porte un fardeau indescriptible. Malgré sa violence, il restait mon frère. Jamais je n’ai souhaité sa mort ».
Alors que le représentant du ministère public a requis la peine maximale contre le prévenu, l’avocat de la défense a plaidé les circonstances atténuantes, insistant sur le traumatisme absolu de son client.
Zemmouri L.

Bouton retour en haut de la page