Alors que le bilan de Boumerdès s’alourdit : Quatre morts dans l’accident d’un bus à Timimoun

 

En moins de 24 heures, deux accidents de bus distincts ont fait au total 30 morts et 62 blessés à travers le territoire algérien, plongeant le pays dans le deuil au lendemain de la tragédie de Boumerdès. Le dernier drame en date s’est produit ce samedi matin à Timimoun, où la collision entre un autocar de marque Higer assurant la liaison Batna-Adrar et un poids lourd a fait quatre morts et 43 blessés, selon un communiqué des services de la Protection civile.

L’accident est survenu vers 5h54 sur la RN-51, au niveau du point kilométrique 287, à proximité du chef-lieu de la wilaya de Timimoun, en direction du village d’Amguiden, précise la même source. Les quatre voyageurs sont décédés sur place, tandis que les autres victimes, souffrant de blessures de gravité variable, ont été évacuées vers l’établissement hospitalier central Elhachemi-Amehmed de Timimoun. La Protection civile a mobilisé deux camions de secours et trois ambulances pour l’opération.
Ce nouveau drame intervient alors que le bilan de l’accident de Boumerdès, survenu vendredi matin, continue de s’alourdir. Le sous-directeur des statistiques et de l’information à la Direction générale de la Protection civile, Nassim Bernaoui, a fait état d’un bilan porté à 27 morts et 42 blessés, après que les autorités avaient d’abord annoncé 25 morts et 44 blessés. L’autocar, qui assurait une liaison depuis Sétif, avait quitté la chaussée avant de se renverser dans un ravin au niveau de la voie d’évitement de Berrahmoun El-Karma, en périphérie de la commune de Boumerdès, vers 9h41.
Face à l’ampleur de cette double tragédie, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté ses condoléances aux familles des victimes de l’accident de Boumerdès, promettant dans son message que la justice frapperait, selon ses mots, d’une main de fer et sans indulgence une fois les circonstances de l’accident établies par l’enquête. Le chef de l’État a décrété un deuil national de trois jours, assorti de la mise en berne de l’emblème national sur l’ensemble du territoire.
Par ailleurs, les hôpitaux accueillant, vendredi, les blessés de cet accident ont connu un élan de solidarité de citoyens qui ont accouru pour faire don de leur sang et assister les familles des victimes.
Ainsi, les centres de transfusion sanguine au niveau des hôpitaux des wilayas de Boumerdes et d’Alger (Salim Zemirli, Mustapha-Pacha et Lamine Debaghine) ont connu une affluence de citoyens de différents âges, venus faire don de leur sang pour les blessés et prêter main forte aux différents services de sécurité et de la protection civile. Pour leur part, les bénévoles du Comité national du Croissant rouge algérien (CRA) à Boumerdes ont participé à une opération de don de sang, ainsi qu’à l’orientation et à l’encadrement des familles des victimes et des blessés de ce tragique accident.
De son côté, le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a mobilisé des cellules de proximité, à travers les établissements hospitaliers accueillant les blessés, afin de renforcer leur prise en charge psychosociale et d’accompagner leurs familles.
Ces deux accidents s’inscrivent dans un bilan routier national déjà lourd : selon les chiffres de la Sécurité routière algérienne, l’année 2025 avait à elle seule enregistré 3 838 morts et plus de 37 000 blessés dans des accidents de la circulation, soit 26 976 accidents corporels au total, en hausse de 2,68 % sur un an. Ce nouvel épisode rappelle également d’autres catastrophes routières récentes impliquant des autocars, comme l’accident survenu en août 2025 près d’Alger, qui avait fait 18 morts, ou celui de décembre de la même année, où 14 personnes avaient péri.
G. Salima

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