Corniche oranaise : Les prix du transport choquent

Se déplacer entre Oran et la corniche oranaise s’est transformé en véritable parcours du combattant. Avant-hier vendredi, alors que les plages d’Aïn El-Turck enregistraient une très forte affluence, de nombreux usagers se sont retrouvés confrontés à une pénurie de moyens de transport, ouvrant la voie à une flambée des tarifs pratiqués par les taxis clandestins, certains chauffeurs de VTC et, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, même par des taxis conventionnés.
À la sortie des plages, en fin d’après-midi, des centaines d’estivants ont dû patienter de longues heures avant de trouver un véhicule pour regagner Oran. Profitant de cette forte demande, des chauffeurs clandestins n’hésitent pas à réclamer des sommes faramineuses pour un trajet de moins de vingt kilomètres, soit plusieurs fois le tarif habituellement pratiqué.
Les critiques visent également certains chauffeurs de véhicules de transport avec chauffeur (VTC). Plusieurs estivants affirment que le prix affiché par l’application au moment de la réservation n’était pas toujours respecté. « L’application annonçait un tarif compris entre 1 200 et 1 500 dinars. Une fois la course acceptée, certains chauffeurs réclamaient, lors de l’appel destiné à confirmer la prise en charge, un supplément pouvant atteindre le double du tarif initial, en invoquant les importants embouteillages », témoigne un estivant interrogé par Algérie Presse. Une pratique jugée abusive par de nombreux usagers, qui estiment que le montant validé par l’application devrait être respecté.
Pour les vacanciers, cette situation est devenue récurrente. « Chaque été, c’est le même scénario. Les familles n’ont souvent d’autre choix que d’accepter des prix exorbitants pour pouvoir rentrer », déplore un autre estivant. Plusieurs personnes interrogées appellent les autorités concernées à renforcer les contrôles contre le transport clandestin, à veiller au respect des tarifs affichés par les plateformes de VTC et à mettre en place un dispositif capable d’assurer une desserte suffisante de la corniche durant toute la saison estivale.
Les taxis se font désirer
Les habitants de la daïra d’Aïn El-Turck dressent le même constat. Les difficultés ne concernent pas uniquement les vacanciers, mais également les milliers de résidents qui effectuent quotidiennement le trajet entre Oran et les communes de la corniche. Si les renforts assurés par l’Établissement de transport urbain d’Oran (ETO) sont salués, ils demeurent, à leurs yeux, largement insuffisants au regard de la population de la daïra et de l’afflux de visiteurs enregistré durant la saison estivale.
Les quelques renforts mis en place ne sauraient, selon eux, répondre à eux seuls aux besoins d’un territoire qui concentre une importante population permanente et accueille chaque été des milliers d’estivants.
Autre phénomène dénoncé par les usagers : la raréfaction des taxis à partir de 15 h 30. D’après plusieurs témoignages, leur nombre diminue sensiblement en fin d’après-midi, laissant le champ libre aux transporteurs clandestins. Cette situation favoriserait également une hausse des tarifs pratiqués par certains taxis réguliers, qui demanderaient parfois jusqu’à trois fois le prix habituel, profitant de la forte demande et de l’absence d’alternative immédiate.
Face à une situation qui se répète chaque été, les usagers appellent les autorités concernées à engager une réorganisation durable de la desserte entre Oran et la corniche. Ils réclament un renforcement des capacités du transport public, une meilleure disponibilité des taxis réglementés, un contrôle plus strict des pratiques tarifaires ainsi qu’une lutte plus efficace contre le transport clandestin afin d’adapter l’offre de transport à l’affluence exceptionnelle enregistrée chaque été sur la corniche oranaise.
Khaled. B
